Confluences

 

 

                                   Tu es  mon encre vive.
                     De Laurence Konieczny
 

Je me souviens de ces nuits blanches, sanglantes comme un cristal brisé, crachant la glace et des morceaux de miroir, tout est si limpide je voudrais m’endormir sur cette clarté sans appel, cette précision du scalpel, cette crudité de l’âme et laisser pénétrer en moi le venin de la lumière.
                                                            
***

Je sens les augures de ton corps, cet état de tension sur les falaises, lorsque les nuages s’amoncellent, le vent se lève, l’écume devient épaisse, mauvais présages, la tempête crie au loin, écho de brume qui me soulève le cœur, tout a un sens, là, quand tu me pénètres les entrailles, il fait froid et pourtant je reste là, fascinée par la clameur lointaine, qui galope pleine de fureur, de marées hautes et de chants de sirènes, les chevaux du ciel sèment la discordance, larguent les esprits de la foudre, je ferme les yeux, et je me sens déjà dévastée.

                                                             ***

Tout s’achève et pourtant s’accomplit, une seule question me hante tout n’est plus que pur sentiment de perte imminent, oui, je veux te raconter, mais voilà déjà la douleur vive de la morsure du loup en plein cœur, ce redoublement de la violence, cet appel de la lune que rien ne vient combler, sinon une orgie de spasmes et une poussée de fièvre comprendras-tu un jour je ne suis plus que grimaces et masques déchirés, appel de la nuit, personnage fantomatique saignant la lueur d’une bougie, prière traversée d’un râle et d’une onde sismique je suis sans peaux à ciel ouvert.

                                                              ***

Bientôt, la fraîcheur de printemps perlera sur ton front opiniâtre, des fruits frais, des abricots, des fraises, des cerises rouges sortiront de ton front, fracassé par la foudre.

                                                               ***

Dans l'espace sauvage de ton corps, j’ai trouvé un delta aux reliefs salés, des steppes sauvages dorées par le vent, fouettées par le soleil, je suis en zone onirique irradiée par un atoll de lumière il y a un sanctuaire là, en nos peaux, un espace réservé, ce nerf de la terre qui plein de ses richesses donne sans compter, au gré des marées et des éléments, chasser les coquillages, courir dans les dunes, dans un creux, un nid d'oiseaux à laissé ses oeufs, il y a ces échassiers à perte de vue, chassant les poissons, c'est beau cet autel de la mer, petite cabane du pêcheur blanche comme la craie de nos souvenirs. Il faudra du temps pour que tout cela advienne dans nos consciences.


                                                                ***

Nos corps recherchaient le sens perdu et impossible dans un état de grâce nous avons transgressé l’ordre divin.


                                                                 
***

Ce point où il n’y a plus d’oasis que l’étendue incendiaire des sables, même pas l’horizon tant les yeux sont brûlés et secs, yeux mis clos de l’errance, aiguisés au cœur et foudroyés de rêves avortés, lucides, simplement lucides de l’avancée du désert qui ronge les racines du ciel.

                                                                 ***

Trouver l’élixir de tes mots voler à gorges déployées fourrée dans le ciel pur.

                                                                ***

Je te retiens longtemps, tu es dans mes abîmes les plus brûlantes,cette gravitation charnelle qui me dit cette impression d’intime conviction qui me dévore sur place ce poison qui me ronge jusqu’à l’os


(extraits de Point zero – dialogue poétique)
laurence.k@club-internet.fr

 

 

 


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